Sculpture

"Anatomie d'un oubli"

Il existe des blessures que le langage ne sait pas atteindre. Elles ne se montrent pas directement. Elles tissent silencieusement notre manière d’habiter le monde, de tenir debout, de porter notre propre corps.

Le rapport à soi-même est parfois fragile et maladroit : son équilibre paraît improbable, presque accidentel. La solitude agit comme une cavité intérieure, une zone manquante autour de laquelle le corps continue pourtant de se construire.

61 x 13 cm
ébène léopard, granit de Normandie, acier



"Accord provisoire entre deux verticalités"

"Accord provisoire entre deux verticalités" naît de l'éventualité d'un dialogue entre deux présences fragiles et inégales. J'y ai placé quelque chose des sculptures étrusques : des corps allongés dont la frontalité semble moins chercher la ressemblance que la persistance. Ces figures sont des traces de corps, des apparitions tenues debout par peu de chose.

La sculpture est réalisée en bois de lutherie. Les figures sont taillées dans du palissandre, un reste de bois qui aurait pu devenir la touche d'une guitare acoustique. Ce matériau garde pour moi une mémoire sonore possible, une vibration contenue, même lorsqu'il devient silencieux. Le bois est travaillé en stries comme si la forme avait été creusée par le temps autant que par l'outil.

Le socle, lui, vient d'un tout autre monde : un morceau de bitume ramassé au bord de la route. À la finesse du bois répond cette masse noire, brute, accidentée, pauvre. Les deux figures s'y ancrent sans vraiment s'y poser, maintenues à distance.

Entre les personnages, une relation s’installe. Une proximité, un écart, une dépendance peut-être. La différence de taille introduit une tension, une possible asymétrie relationnelle, mais rien n'est fixé. L'équilibre est incertain. Deux verticalités coexistent, sans savoir si elles se soutiennent, s'observent ou se contraignent.

64 x 19 cm
palissandre, bitume, acier