Sculpture

"Une théorie sur le soutien mutuel"

Au début, il y avait deux personnes. C'était simple.

Puis la femme monta. L'homme voulut faire un pas, mais il découvrit qu'il n'était pas équipé pour ce genre de décision.

Ils restèrent donc comme ça. Avec le temps, cela prit l'apparence d'une solution.

* * *

Tout est taillé dans un seul bloc de padouk, socle compris. J'aime que rien n'ait été ajouté car ainsi le sérieux, le désir, le ridicule et tout ce qui tient encore debout viennent exactement du même morceau de bois.

Ça tient. Et c'est déjà beaucoup.

94 x 11 cm
Padouk d'Afrique (Pterocarpus soyauxii)

La couleur du bois est entièrement naturelle.





'Man of constant sorrow'

Une forme presque trop longue pour elle-même. Fatiguée, comme si elle avait été tirée jusqu'à devenir fragile, mais elle continue malgré tout à tenir debout. Au centre, une ouverture, une vulnérabilité, traverse le bois.

La sculpture est taillée dans du bois de rose. Sa couleur rouge sombre est entièrement naturelle, le bois n'a été ni teinté ni coloré.

Man of Constant Sorrow parle de cette fatigue-là. Être vidé, mince, étiré ... et rester là quand même.

46 x 3 cm
Bois de rose, bitume, acier



"Petit traité de résistance intérieure"

Cette sculpture prolonge une recherche autour du corps fragile, du vide intérieur et de ce que nous transportons sans toujours savoir le nommer.

Le bois a été brûlé et travaillé comme une matière érodée, presque minérale. Une pierre, ni blessure, ni parasite, simplement une masse silencieuse autour de laquelle tout s'organise.

L'ensemble repose sur un fragment de calcaire marin. Plusieurs paysages éloignés ... forêt, mer, roche, dérive ... ont fini par se rencontrer dans une même verticalité fragile.

74 x 31 cm
hêtre méditerranéen, granit, calcaire, acier



"Anatomie d'un oubli"

Il existe des blessures que le langage ne sait pas atteindre. Elles ne se montrent pas directement. Elles tissent silencieusement notre manière d’habiter le monde, de tenir debout, de porter notre propre corps.

Le rapport à soi-même est parfois fragile et maladroit : son équilibre paraît improbable, presque accidentel. La solitude agit comme une cavité intérieure, une zone manquante autour de laquelle le corps continue pourtant de se construire.

61 x 13 cm
ébène léopard, granit de Normandie, acier



"Accord provisoire entre deux verticalités"

"Accord provisoire entre deux verticalités" naît de l'éventualité d'un dialogue entre deux présences fragiles et inégales. J'y ai placé quelque chose des sculptures étrusques : des corps allongés dont la frontalité semble moins chercher la ressemblance que la persistance. Ces figures sont des traces de corps, des apparitions tenues debout par peu de chose.

La sculpture est réalisée en bois de lutherie. Les figures sont taillées dans du palissandre, un reste de bois qui aurait pu devenir la touche d'une guitare acoustique. Ce matériau garde pour moi une mémoire sonore possible, une vibration contenue, même lorsqu'il devient silencieux. Le bois est travaillé en stries comme si la forme avait été creusée par le temps autant que par l'outil.

Le socle, lui, vient d'un tout autre monde : un morceau de bitume ramassé au bord de la route. À la finesse du bois répond cette masse noire, brute, accidentée, pauvre. Les deux figures s'y ancrent sans vraiment s'y poser, maintenues à distance.

Entre les personnages, une relation s’installe. Une proximité, un écart, une dépendance peut-être. La différence de taille introduit une tension, une possible asymétrie relationnelle, mais rien n'est fixé. L'équilibre est incertain. Deux verticalités coexistent, sans savoir si elles se soutiennent, s'observent ou se contraignent.

64 x 19 cm
palissandre, bitume, acier